Marie, élève-avocate rêveuse

Parce que j'en rêve encore, et que j'y suis presque…

Reprise du blog et bilan d’une année difficile…

Ce soir, on passe en 2015 !

Certains disent et répètent : « Espérons que ça ira mieux en 2015… »

Mais non de non ! 2014 était une superbe année : j’ai eu le CRFPA !!

J’ai réussi ce satané examen ! Je suis désormais élève-avocate à l’École de Formation professionnelle des avocats des Barreaux de la Cour d’appel de Paris (EFB pour les intimes).

Bon, cette nouvelle tombe un peu comme un cheveu sur la soupe compte tenu du tout petit nombre d’articles publiés ici… Je dois vous avouer que j’ai été un peu débordée cette année. Il était légèrement présomptueux de croire que je pourrais à la fois préparer le concours et tenir ce blog à jour.

Mais peut-être que c’est maintenant qu’il est intéressant d’écrire.

Ce que j’ai vécu en 2014, je crois qu’on ne peut pas le comprendre quand on n’a pas passé ce type d’examen. C’était à la fois extrêmement difficile, épuisant (physiquement comme moralement) et passionnant. En quelques mois, j’ai appris une quantité impressionnante de choses. Je me suis découvert une capacité de travail et une détermination que je n’imaginais pas.

J’ai un peu de temps avant ma rentrée, et j’espère en avoir aussi un peu après, donc je relance ce blog, en premier lieu par un petit bilan de cette année difficile.

Petit retour en arrière…

J’ai décidé de ne pas consacrer une année entière au concours. C’est un choix que je ne regrette pas. Cette année de concours est avant tout une épreuve d’endurance et je crois que je n’aurai pas pu tenir plus longtemps. J’ai donc fait un stage en cabinet, à temps plein (même si je m’absentais de temps en temps pour aller en cours à l’IEJ), de novembre 2013 à avril 2014.

Après ça, j’ai travaillé de manière continue, mais pas très soutenue, jusqu’au mois de juin environ. Là, voyant la période de prépa privée se rapprocher à grands pas, j’ai accéléré le rythme.

Mi-juillet, j’ai donc commencé une prépa privée estivale (CapeSup, à Lyon, puisque je passais l’examen dans cette ville), qui s’est poursuivie jusqu’aux oraux, en octobre.

S’agissant de la méthode de travail à adopter, je crois qu’il est important de rappeler que chacun a sa propre méthode et que nous ne sommes pas égaux en termes de mémoire et de compréhension. Nous n’avons pas tous les mêmes difficultés, ce qui implique que nous n’ayons pas tous les mêmes façons de travailler.

Je n’ai jamais eu de difficultés à comprendre les cours et, tout au long de ma préparation, la compréhension des mécanismes, décisions de justice, raisonnements doctrinaux, etc. n’a absolument pas été mon problème. En revanche, j’ai une très mauvaise mémoire. J’ai donc eu besoin de beaucoup travailler pour enregistrer les informations et en particulier la jurisprudence.

Dès novembre 2013, j’ai commencé à me préparer un cours (sur feuilles de classeur) en droit des obligations et en procédure civile. A noter que chacun de ces cours représente au final environ 350-400 pages. J’ai élaboré ces cours :

– En procédure civile : à partir du Précis Dalloz ;

– En droit des obligations : à partir du Malaurie.

Ce sont des manuels assez complets et volumineux, mais ce degré de détails est indispensable pour l’examen.

J’ai eu, assez paradoxalement, beaucoup de difficultés pour travailler ma matière de spécialité : le droit du travail. Contrairement à des matières telles que la procédure civile ou le droit des obligations, je ne pouvais pas travailler à partir d’un manuel classique puisque je savais déjà beaucoup de choses. J’ai fini par acheter le Memento Lefebvre (ça fait mal au portefeuille), qui a été un super outil pour ma préparation. Mais dans cette matière, je me suis surtout préparée à partir des cas pratiques réalisés à l’IEJ (puisque notre prof était l’auteur du cas pratique de l’examen).

A partir du début de la prépa privée, j’ai utilisé mes cours papiers et j’ai réalisé des fiches synthétiques sur des thèmes spécifiques. J’ai également utilisé la technique des « cartes de révisions » : des cartes en papier canson (8x8cm) avec un recto verso « notion/définition » ou « références de l’arrêt/portée » ou « thème/citation ». [J’ai particulièrement utilisé cette technique pour les arrêts d’actualité brûlante en droit du travail et pour le Grand Oral].

Ah le Grand Oral… parlons-en ! J’ai commencé à le préparer dès novembre 2013 avec le Cabrillac. J’ai fait des cours sur feuilles de classeur sur l’intégralité des thèmes abordés dans le Cabrillac en complétant chaque chapitre par des recherches personnelles. [A noter : le Cabrillac est très bien, mais pas toujours très objectif et assez sélectif sur certaines questions : il est indispensable de le compléter avec des recherches personnelles sur différentes sources].

S’agissant des petits oraux, je les ai préparés avec des tous petits mémentos, après les épreuves écrites. Je m’étais dit qu’il faudrait que je les prépare plus tôt. Mais je n’ai pas réussi à m’organiser suffisamment pour les préparer avant. Il y avait tellement de travail dans les autres matières…

Si je dois dresser un bilan, je dirais que je suis plutôt contente de ma préparation.

Mon choix de matières s’est avéré judicieux :

– Il semble que cette année les notes aient été moins catastrophiques que les années précédentes en droit du travail.

– J’ai choisi procédure civile à l’écrit, même si celle-ci est plus difficile que la procédure pénale, en me disant que de toute façon il fallait bien que je sois calée en procédure civile compte tenu de ma spécialisation. Ce choix peut paraître peu stratégique, mais il m’a en fait bien aidée pour les oraux puisque j’ai choisi Procédures civiles d’exécution (dont j’avais largement étudié le programme dans le cadre de mes révisions pour les écrits) et Procédures collectives et sûretés. Toutes ces matières se recoupent, ce qui a facilité mes révisions pour les oraux.

– Je n’avais pas utilisé de dispenses et je ne le regrette pas parce que je n’ai pas eu une très bonne note au Grand O. J’ai eu plus de travail, mais c’était plus prudent. Je déconseille personnellement d’utiliser les dispenses.

Je ne regrette pas du tout d’avoir fait une prépa privée. Même si cela m’a coûté très cher, je pense que je n’aurais pas réussi l’examen sans. Elle m’a donné un rythme, m’a forcée à travailler à fond jusqu’au bout et m’a beaucoup aidée en ce qui concerne l’actualité. Le professeur que j’ai eu à la prépa en droit des obligations était génial et grâce à lui j’ai eu 17 dans cette matière !

S’agissant du choix de la prépa privée, je ne peux pas vraiment vous conseiller puisque cela dépend vraiment des villes. A Lyon, il me semble que CapeSup est très bien. Pendant l’été j’ai été très critique, en particulier sur les conditions matérielles d’accueil (les locaux sont vraiment en mauvais état). Mais, avec un peu de recul, je me rends compte de tout ce que ça m’a apporté et je suis bien contente de l’avoir fait.

Les tarifs demeurent cependant exorbitants. Ils démontrent bien à quel point la sélection dans l’accès à la profession d’avocat se fait sur l’argent et je trouve cela absolument révoltant. Mais ne nous dispersons pas…

Je suis un peu déçue par ma note en droit du travail et par celle du Grand O.

En droit du travail, j’ai eu 10. Je ne connais pas la moyenne dans cette matière à Lyon (elle est très basse tous les ans), mais je pensais m’en être mieux sortie. Je n’ai pas pu consulter ma copie, mais je sais que j’ai écrit une grosse boulette (sur une question de procédure dans le cadre d’une résiliation judiciaire du contrat de travail) et que j’ai manqué de jurisprudence très récente en ce qui concernait le lock-out. La grosse difficulté étant la gestion du temps, je suis quand même contente d’avoir pu finir mon épreuve. [J’ai eu 12 aux écrits]

S’agissant du Grand O, j’ai eu un thème assez bateau : « La peine de mort est-elle la marque des dictatures? ». J’ai eu 8. Mon exposé était un peu court, mais bien structuré. Mon intro était bonne (le jury a approuvé). J’ai démarré sur une citation de Badinter et ai mentionné le procès de l’Evènement et la plaidoirie de Victor Hugo (défendant son fils devant une cour d’assises, accusé pour avoir trop critiqué la peine de mort dans son journal). J’ai dit, en gros, que la peine de mort n’est pas le monopole des dictatures et qu’on peut tout à fait être en démocratie et appliquer la peine de mort (I), mais que la peine de mort est incompatible avec la démocratie à l’européenne, attachée aux droits de l’Homme (II). Le problème est, comme à chaque examen blanc, qu’une fois que j’ai fini l’exposé, je me relâche. J’ai eu du mal à rester à fond au moment des questions. Les examinateurs m’ont notamment demandé quels sont les pays qui exécutent le plus aujourd’hui et je n’ai pas osé tenter des choses. Ne connaissant pas les statistiques officielles à ce sujet, j’ai préféré ne pas prendre le risque de dire une bêtise et me taire. Je n’ai mentionné que les EUA (en rappelant que progressivement la peine de mort est abolie dans de plus en plus d’Etats, donc on peut penser que ce nombre de condamnation a tendance à diminuer), alors que j’aurais au moins pu, sans prendre trop de risques, tenter la Chine, que j’avais en tête. Je pense que mes hésitations à ce moment là m’ont desservie. Et puis, et c’est tout à fait normal, je pense que les examinateurs ont noté plus sévèrement ce sujet que d’autres beaucoup plus difficiles (en droit public par exemple).

Bref. L’important est que cette fois c’est bon, je l’ai !

Ce blog ne va donc pas avoir pour objet de refaire une préparation, mais de suivre l’actualité juridique dans tous les domaines sur lesquels j’ai travaillé pendant la préparation : procédure (civile et pénale puisque maintenant je dois faire de la procédure pénale, ainsi que voies d’ex), droit des obligations, droit du travail, procédures collectives et sûretés, DLF, Je voudrais également développer un peu mes connaissances notamment en droit des étrangers, en droit des affaires, en droit fiscal, etc.

J’espère que ce petit bazar pourra vous être utile. Je vous souhaite courage et réussite pour cette nouvelle année juridique ! C’est parti !

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3 commentaires sur “Reprise du blog et bilan d’une année difficile…

  1. Anonyme
    mai 24, 2015

    Bonjour,
    J’ai une question.Si je comprends bien, tu as apssé et réussi le concours à Lyon mais tu est inscrite à l’EFB?
    Comment as-tu procédé? Parce que je suis également inscrite dans un IEJ de Provence et je voudrai savoir comment faire pour s’inscrire dans une autre école que celle de rattachement de l’IEJ.
    Merci d’avance de ta réponse.

    • marielhmd
      mai 24, 2015

      Bonjour,
      Oui, en effet, j’ai réussi l’examen à Lyon et je suis maintenant à l’EFB. C’est tout simple en fait. Il suffit qu’au moment de t’inscrire, tu choisisses l’école que tu veux. Le seul souci est que les écoles n’ont pas toutes les mêmes calendriers et donc certaines écoles fixent la date limite d’inscription à une date à laquelle les résultats ne sont pas tombés pour tout le monde… Il faut que tu te renseignes à l’avance.
      La règle est que, une fois que tu as réussi l’examen, tu es acceptée obligatoirement dans l’école rattachée à ton IEJ. En revanche, tu es acceptée dans les autres écoles dans la limite des places disponibles…
      Quand tu viens de Lyon ils te prennent direct. Par contre si tu viens d’un petit IEJ ça peut être plus compliqué.
      Voilà. Bon courage !

      • Anonyme
        mai 28, 2015

        D’accord. Merci beaucoup de ta réponse.
        Je vais me renseigner et croise les doigts pour que ça fonctionne. Mais avant cela, il faut déjà réussir l’examen..

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Cette entrée a été publiée le décembre 31, 2014 par dans Rêveries..., Uncategorized.

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